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SÉNÉGAL, PRÉSIDENTIELLES 2012: QUI PEUT ARRÊTER WADE ?

décembre 27, 2011

SÉNÉGAL, PRÉSIDENTIELLES 2012: QUI PEUT ARRÊTER WADE ?

     
     
           
     
     
La messe est dite. Le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade, a été, contre vents et marées, investi comme candidat devant porter le flambeau du Parti démocratique sénégalais (PDS) dans la perspective de l’élection présidentielle du 26 février prochain. Et, l’événement,
il suffit d’observer les images diffusées en boucle sur la télévision publique sénégalaise, a mobilisé du monde, tant et si bien qu’on eût pensé à une démonstration de force. Le président Wade est resté sourd et indifférent à toute la clameur qui montait autour de lui, pour l’obliger à renoncer à son ambition de briguer un nouveau mandat.
En fait, on savait l’homme excentrique mais pas si opiniâtre à l’émeri. Il tient au pouvoir comme à la prunelle de ses yeux, ne s’imagine pas une vie en dehors du cénacle politique sénégalais et ce, en dépit de son âge très avancé. Si vieillesse rimait avec sagesse, sans doute que Wade aurait déjà fait valoir ses droits à la retraite, plutôt que de s’offrir en spectacle en s’engageant dans une compétition dont l’issue reste encore incertaine pour l’avenir même de la nation. En effet, on se rappelle qu’il y a quelques jours, le président Wade, droit comme un if, avait invité et hébergé tous frais payés, d’éminents constitutionnalistes internationaux, à Dakar, qui, sans aucune circonvolution, avaient déclaré que rien, d’un point de vue juridique, ne pouvait s’opposer à son projet de briguer un nouveau mandat.
Un jeu de dupes qui, malheureusement pour lui, n’a pas pu émousser la détermination et la ténacité du M23, cette coalition qui lui donne constamment de l’urticaire. Et, tel un père Noël qui s’adonne à des prodigalités, le président Wade, pour réussir son pari, verse maintenant dans l’électoralisme en se livrant à des achats de conscience. En effet, il a récemment décidé de rehausser significativement le salaire des magistrats et d’accorder des primes particulières aux chefs de village. Une manoeuvre qui, s’il est vrai qu’elle peut répondre à un besoin social, tombe mal en cette période de précampagne, et qui en dit long sur l’obstination du président Wade à opérer un passage en force.
En fait, en agissant ainsi, Wade veut s’attirer la sympathie du Conseil constitutionnel qui, dans les 29 jours prochains, dira si sa candidature est recevable ou pas. En tout cas, de toute évidence, à moins de faire preuve d’autisme, Wade lui-même se doit de comprendre que sa candidature pose un véritable problème, à la fois politique, éthique et juridique puisque, les consultations passées qui ont consacré sa réélection au sommet de l’Etat, n’avaient pas connu pareille mobilisation tous azimuts.